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Une association, une application, un média.

Une association pour le Pays Haut. Une application pour rendre le pouvoir à ses habitants. Un média pour ceux qu'on n'écoutait pas. Cinq minutes de votre attention peuvent suffire.

Par Marc Tullii19 avril 20265 min de lecture

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Par Marc Tullii, enfant du Pays Haut, avocat frontalier.

Une association pour le Pays Haut. Une application pour rendre le pouvoir à ses habitants. Un média pour ceux qu'on n'écoutait pas. Cinq minutes de votre attention peuvent suffire.

Rendre ce qu'on m'a donné

Je suis né à Mont-Saint-Martin. J'ai grandi à Villerupt et Cantebonne. J'ai connu les terrains de foot de Villerupt et de Thil, les pistes d'athlétisme d'Audun, les salles de Villers-la-Montagne, les écoles de notre territoire.

C'est ce territoire qui m'a fait. C'est à lui que je dois quelque chose.

L'association

Tout est parti d'une décision : la fermeture d'une classe de primaire à Villerupt. Un courrier envoyé au directeur académique est resté sans réponse.

Alors les vraies questions se sont posées. Pourquoi ça ne marche plus ? Pourquoi les gens ne sont pas écoutés ? Pourquoi notre territoire n'est pas pris au sérieux ?

Une pétition, un appel, ça n'aurait pas suffi, comme tout ce qui a été tenté avant, ça serait resté lettre morte. Il fallait autre chose : une structure, un nombre, un rapport de force.

D'où la création d'une association pour notre territoire, pour le Pays Haut. Elle a vocation à rassembler celles et ceux qui croient que ce territoire mérite mieux. Dans les prochaines semaines, elle ira à la rencontre de tous ceux qui veulent faire bouger les choses.

Elle portera six causes : l'éducation et la protection de l'enfance, les services publics et la démocratie, la transparence de l'argent public, le territoire frontalier et sa spécificité, la lutte contre le mal-logement, l'environnement et la qualité de l'eau.

Derrière chacune de ces causes, la même idée : la justice sociale, l'humain, le bon sens et l'intérêt public.

Ni don, ni subvention. Pour garder notre indépendance, et porter une parole libre : celle de ceux qui veulent faire avancer le territoire.

L'application

La démocratie a été réduite à un bulletin dans une urne. 70 % des jeunes pensent que voter ne change rien à leur vie. Dans le Pays Haut, près d'un habitant sur deux ne vote plus. Les deux tiers des décisions, ou des absences de décision, ne viennent pas d'un manque de moyens.

Des promesses non tenues, des gens dégoûtés, coupés de ceux qui décident pour eux sans les connaître.

Ceux qu'on entend sans les écouter. Ceux qui se sentent invisibles. Ceux qui votent blanc et qu'on ne respecte pas. Ceux qui ne votent plus par conviction, pas par défaut. Ceux qui ne peuvent plus se déplacer, les personnes en situation de handicap, les habitants des quartiers.

D'où une application pour leur rendre le pouvoir. Utiliser un objet que tout le monde a dans la poche, et consacrer une infime partie du temps qu'on y passe pour améliorer les choses. Elle est gratuite, et elle le restera pour les habitants. Destinée d'abord aux habitants de Villerupt, puis à toutes les communes qui voudront l'accueillir.

Trois choses : signaler pour améliorer le cadre de vie, proposer pour rendre le pouvoir aux citoyens, s'entraider pour aider ceux qui en ont besoin.

Les messages défilent tous les jours. Les encombrants, les enfants qui se blessent dans les parcs, les cambriolages qui reviennent chaque été et ceux qui n'ont pas les moyens d'une alarme, ceux que l'on fait vivre avec les cafards, les animaux perdus qui comptaient plus qu'on ne le croit, ceux pour qui un euro à la pompe est déjà un euro de trop, ceux qui ne peuvent plus bouger, ceux qu'on oublie.

Et quand l'essence sera à trois euros, comment feront-ils ? Il faut y penser maintenant, pas le jour où ça arrivera.

Construite en une dizaine de jours, avec peu de moyens mais beaucoup d'envie et de sacrifice. Ce que d'autres font payer des dizaines de milliers d'euros aux collectivités.

Le champ des possibilités est infini, et son utilisation ne sera limitée que par l'imagination et l'implication de chacun.

S'il faut passer par la technologie pour remettre un peu d'humain, alors ça vaut le coup. Il ne s'agit pas d'inventer la roue, mais peut-être simplement de la refaire tourner.

Travailler avec les élus, pas contre eux. Les aider dans leurs missions. Simplifier la vie de chacun. Et bâtir un projet de vie où chacun élève le niveau du débat.

Le média

Un média collaboratif et interactif, pour ceux qu'on entend sans écouter, pour celles qui ont des choses à dire et pas d'endroit où les dire.

Vous pourrez poser les questions, choisir les sujets, les porter avec nous jusqu'à ceux qui peuvent faire bouger les choses. Et si vous avez le goût de l'écriture, la porte est ouverte : on écrira ensemble.

Début mai, une rencontre est prévue avec une personnalité actuellement aux responsabilités au Luxembourg. L'objectif : sortir de l'impasse de la rétrocession et bâtir autre chose : un projet transfrontalier qui nous ressemble. Garder nos talents. Ils sont nombreux, ils valent ceux de n'importe où dans ce pays. Leur donner des occasions. Leur rendre confiance.

Le territoire a souffert d'un manque de vision à la fermeture des usines. Il ne faut pas qu'un nouveau tournant soit raté, à une époque transformée par la technologie.

Il va peut-être falloir devenir un peu égoïstes : penser à nous, penser au Pays Haut. Tout en restant solidaires entre nous.

Car le Pays Haut n'est pas un territoire comme les autres. Il est spécial, comme ses habitants. Et il porte un potentiel qu'on a trop longtemps mis de côté.

On nous a fait croire que certaines portes étaient fermées, que certaines tours d'ivoire étaient inaccessibles. C'est faux : rien n'est fermé tant qu'on n'a pas frappé.

Tout cela a été fait en quinze jours, par un enfant du territoire qui croit qu'il reste de l'espoir, et qui n'a pas oublié ceux qui l'ont fait, même lorsqu'il est à des milliers de kilomètres de chez lui. Imaginez ce qu'il est possible de faire avec toutes les autres bonnes volontés, dans les années à venir.

Vous vivez ce sujet ?

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